pour la santé, pour l'information, pour le soutien aux initiatives solidaires.

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SANTE 

     Depuis le début de la crise économique qui a frappé la Grèce, les plans de sauvetage et les mesures d'austérité -imposés par l'union Européenne, la Banque centrale et le FMI ont eu des conséquences humaines dramatiques. Officiellement, 35% des Grecs n'ont plus de couverture sociale et doivent payer intégralement tous leurs frais de santé. Pour les plus précaires, il n'est plus question d'austérité, mais de survie. De plus en plus de Grecs ne s'achètent plus à manger pour pouvoir payer les médicaments.

     Faute d'assurance santé, des maladies comme le paludisme et la tuberculose refont leur apparition ; la malnutrition touche des milliers d'enfants; les taux de dépression et de suicide sont en nette augmentation; la vaccination des familles précaires est inexistante ( un pack complet de vaccination pour la petite enfance coûte 230 euros; et comme il n'est pas remboursé, les enfants des familles modestes ne sont plus vaccinés et, de ce fait, ils ne sont pas non plus acceptés à l'école).

     Dans les hôpitaux grecs, la situation est catastrophique avec une insuffisance dramatique de matériel et de personnel : 6000 médecins ont quitté les hôpitaux et 7000 sont partis à l'étranger; les hôpitaux ont supprimé 35 000 lits et ne peuvent plus acheter de médicaments ou de matériel médical. D'ailleurs les grecs ont peur d'aller à l'hôpital, car ils ne savent pas s'ils vont être soignés, ni avec quoi, ni à quel prix...la pratique de la médecine devient un parcours du combattant. Et ceux qui combattent ont besoin de soutien. Le système de santé est en faillite.

     A cela s'ajoute l'afflux des réfugiés qui aggrave encore les difficultés même si la population déjà victime de l’austérité,  mais toujours debout, les soutient.

     La Grèce est sortie des écrans radar pour l'information, pourtant,les dispensaires et pharmacies autogérées, sociales, solidaires … sont un instrument que se sont donné les grecs, de survie et de résistance luttant pour un système de santé universel et gratuit. Les aider n'est pas seulement un geste de solidarité mais aussi un moyen de s'informer et de se préparer à ce qui nous attend.

     Pour s'informer : Le site du collectif de solidarité France Grèce pour la santé(CSFGS) https://solidaritefrancogrecque.wordpress.com  et un petit livre à l'initiative de membres du CSFGS fait un historique, une description de la situation actuelle, un état des solidarités sur place et en France. « les dispensaires autogérés grecs » résistances et luttes pour le droit à la santé, éditions Syllepse, 8 euros.

Pour notre part nous avons choisi de prendre leur charte comme ligne de conduite :

Charte des  KIFA

1-      Les dispensaires et pharmacies solidaires (KIFA) sont des structures collectives autonomes, indépendantes,  auto-organisées et autogérées  qui fournissent volontairement et gratuitement des services d'assistance sanitaire primaire et des médicaments aux non-assurés, aux indigents, aux chômeurs, aux patients grecs et immigrés, sans aucune discrimination et indépendamment de leur religion, de leur nationalité, de leur orientation sexuelle, de leur sexe ou de leur âge.

Nous revendiquons également par des actions concrètes et des activités publiques l'accès des non-assurés aux soins secondaires et tertiaires dans les hôpitaux publics.

2-        Participent ensemble, sur un pied d'égalité, chômeurs et non-assurés,  bénévoles assurés, médecins, dentistes, psychologues, travailleurs sociaux, pharmaciens, et les citoyens qui appuient le fonctionnement des cliniques.

Nous luttons avec les travailleurs de la santé, pour la défense des structures publiques de santé qui ferment les unes après les autres. Notre action est guidée par le besoin des personnes et non dans un but caritatif .Notre particularité est de croire que la pratique de la solidarité crée de la cohésion sociale., de la collaboration et du respect mutuel entre les individus. Nous croyons que la santé est le plus important des biens communs.

3-       Les KIFA sont des structures de lutte et de résistance qui produisent un discours et une action contribuant à la restructuration du tissus social. Ce sont des espaces ouverts, qui essaient de mettre en mouvement le plus de gens possible. Ils promeuvent la participation des bénévoles, des patients, mais aussi de la société. Ils fonctionnent comme un collectif ouvert, par une démocratie ouverte et participative sur la base de l'égalité. Toutes les décisions concernant le fonctionnement et les objectifs sont prises en assemblée générale.

4-      Nous n'avons pas l'intention, ni l'illusion, de remplacer l'Etat qui se retire de ses responsabilités envers les citoyens. Nous construisons un réseau de protection sociale et en même temps nous luttons quotidiennement, démocratiquement, socialement et politiquement pour que l'Etat assume ses responsabilités.. Nous ne pratiquons pas une activité philanthropique et nous ne souhaitons pas éduquer nos concitoyens à la logique de compassion et de supplication. Ce que nous voulons, c'est lutter ensemble pour nos droits à la santé publique et à l'accès gratuit à la santé.

5-      Les KIFA reposent sur la solidarité et sont indépendants. Ils n'acceptent pas les dons de ceux qui promeuvent, directement ou indirectement, la destruction de la santé publique. Ils acceptent les dons mais ne font pas de publicité aux donateurs, et n'ont pas de sponsor. Ils n'autorisent pas l'intervention des partis dans leur fonctionnement.

6-      Les KIFA promeuvent le networking au plan national, à partir de leurs caractéristiques et de leurs principes communs, pour coordonner leurs actions et initiatives. Ils n'interfèrent pas avec le fonctionnement des autres KIFA et respectent les règles de fonctionnement de chacun.

7-      Les KIFA s'opposent à toute forme d'exclusion, nationale, économique, raciale etc., et participent aux actions qui luttent pour l'abolition de celles ci. Ils participent aux réseaux auto-organisés de solidarité sociale et promeuvent la collaboration entre les activités qui ont comme objectif la réduction de la pauvreté et la marginalisation des groupes sociaux vulnérables. Ils fournissent une assistance légale, en collaboration avec d'autres groupes solidaires, à ceux qui en ont besoin, quand leur accès aux biens communs est mis en cause.

8-     Les KIFA collaborent avec des structures solidaires d'approvisionnement (épiceries sociales, bazars de troc, commerces...) qui ont une relation directe avec les producteurs.

9-      Les KIFA soutiennent les initiatives pour le développement de nouvelles structures de solidarité et cherchent le partage d'expériences.

10-    Les KIFA participent (ou organisent) aux journées sur les thématiques de la solidarité sociale et de la crise humanitaire. Ils construisent un réseau pour l'information, participent aux rendez-vous d'organisations scientifiques, publient des brochures et des matériaux d'information.

 

INFORMATION

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